L'Histoire, grande et petite, des 3 établissements et de leurs anciens élèves

L'histoire d'Emile Maupas

Emile MAUPAS, un enfant du Bocage virois,
d’après notre ami et condisciple Marcel Dubocq.

Le 2 juillet 1842, naissait au hameau de « Courte » en face du moulin de Vaudry, un enfant du sexe masculin, dont le nom reste attaché aujourd’hui à un établissement scolaire de Vire, le Collège Emile Maupas.

Archiviste à Aurillac

Dès l’âge de 9 ans, cet enfant, promis à un grand avenir, est admis au Collège de Vire afin d’y accomplir des études classiques. Après sa classe de Logique, il entre au lycée de Caen pour y suivre des cours de Philosophie et tenter l’examen d’admission à l’école des Chartes.

Brillant élève, il est admis dans un très bon rang en cet établissement, ce qui lui vaut d’être nommé, ses études achevées, archiviste départemental à Aurillac.

Travailleur acharné, il se fait remarquer par sa conscience professionnelle, son souci de l’ordre et une grande rigueur dans l’exercice de sa discipline. Pendant ses loisirs dans le Cantal, il découvre la nature et entreprend la traduction d’une Histoire de la Création écrite par Burmaster, directeur du Musée de Buenos-Aires ; il publie cette traduction en 1870.

Conservateur de la Bibliothèque d’Alger

Considéré par son administration, Emile Maupas est nommé à Alger en qualité d’Archiviste départemental, puis, quelques années plus tard, Conservateur Adjoint de la Bibliothèque nationale d’Alger. En 1890, il en devient le Conservateur en chef. Il y reste 25 années et se consacre à un véritable travail de collectionneur. Il parvient à réunir une quantité exceptionnelle d’ouvrages et de périodiques tant français qu’étrangers concernant l’Afrique du Nord. Il enrichit la Bibliothèque nationale d’Alger de manuscrits de grande valeur.

Violon d’Ingres

Homme de mérite, mais d’une incroyable modestie, Emile Maupas enrichit son érudition en feuilletant les ouvrages qu’il accumule. S’il est, tout d’abord, attiré par la Géologie, il s’intéresse surtout à la Botanique...et à la Zoologie.

Recherches biologiques

Ayant fait l’acquisition d’un puissant microcospe, Emile Maupas se passionne pour l’étude des algues et des champignons. Pour ce faire, il transforme une petite pièce de son logement en laboratoire et c’est là, en plein quartier populeux d’Alger qu’il poursuit ses recherches biologiques consignées ensuite sur un cahier et que modestement, à l’écart des scientifiques, il se livre aux joies de la découverte.

Dans le secret des infusoires

Passionné de biologie, il s’attaque d’abord aux protozoaires, animaux unicellulaires, du type des infusoires, étudie leur évolution, leur reproduction...enregistre le fruit de ses recherches dans des opuscules destinés aux archives de Zoologie expérimentale. Par la suite, il étudie différentes sortes de nématodes, sortes de vers munis d’un appareil digestif dont la plupart sont des parasites : oxyures, ascaris...

L’ensemble de ses travaux lui assurent une réputation internationale : plusieurs savants du début du siècle dernier bénéficient des enseignements fournis par Emile Maupas, entre autres, Calmette, Perier, Giard...

Consécration

Emile Maupas fut admis à l’Académie des Sciences, devint membre honoraire de la Société de Biologie de Paris, de la Société belge de microscopie dont il devint membre associé ; enfin, il fut nommé docteur « honoris causa » de l’Universite de Heildeberg.

A l’initiative de Roux, directeur de l’Institut Pasteur, et sur proposition du Gouverneur de l’Algérie, Emile Maupas reçut la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur en 1909.

Emile Maupas ne put, en raison d’une longue et douloureuse maladie, poursuivre les travaux qu’il avait entrepris dans son laboratoire : ses écrits, ses notes, ses mémoires purent, grâce à ses amis, trouver un éditeur.. Les travaux d’Emile Maupas ont été, par la suite, largement vulgarisés ; ils sont, aujourd’hui, universellement connus.

Eminent biologiste, d’une modestie exemplaire

Emile Maupas est décédé à Alger le 17 Octobre 1916, il fut inhumé au cimetière de Mustapha. Sur sa tombe, de nombreux hommages lui furent rendus. Ses amis d’Alger tinrent à honorer sa mémoire en donnant son nom à la rue qui borde la Bibliothèque nationale d’Alger.

Le grand savant que fut Emile Maupas était presque un inconnu pour la population d’Alger. Modeste et discret, Emile Maupas revenait tous les deux ans dans son Bocage natal. Jamais il ne parlait de ses travaux scientifiques. Sa famille n’était pas au courant de ses recherches.

Fort heureusement, quelques uns de ses camarades normands d’Alger dont Héricy, professeur, firent connaître aux populations du Bocage, l’importance des travaux scientifiques entrepris par Emile Maupas.

En 1920, Charles Drouet, maire de Vire, publia une notice sur Emile Maupas, biologiste.

En 1921, Butet-Hamel, Conservateur de la Bibliothèque Municipale de Vire, suggéra au Congrès annuel de l’Association des Anciens Elèves du Collège de Garçons de Vire, lors d’une communication sur « Emile Maupas de l’Institut » que son nom soit attribué au Collège et c’est seulement en 1938 qu’André Letondot, professeur eu Collège de Vire, maire adjoint, put soumettre au Conseil Municipal et faire adopter, à l’unanimité, la désignation du Collège Emile Maupas de Vire.

Ainsi, tardivement hommage fut rendu enfin, grâce à André Letondot, à « la mémoire d’un compatriote, ancien élève du collège, homme modeste et biologiste éminent ».

L'histoire du collège Emile Maupas

Histoire du Collège Emile Maupas depuis sa création à Vire en 1601.

Grâce à notre vieil ami Marcel Dubocq, écrivain régional qui n’a jamais cessé de célébrer la mémoire et les beautés de son bocage, nous sommes en mesure de vous conter un peu l’histoire du collège de garçons de Vire.

Il était donc une fois... par devant les tabellions royaux et les échevins de Vire, un sieur Gilles Mancel qui eut l’idée et l’envie de créer le 23 Octobre 1601 un collège de garçons à Vire, ambition remarquable pour une ville comme Vire qui disposait déjà, bien sûr, d’une petite école de paroisse pour les enfants, l’équivalent d’une école primaire. Un collège, c’était tout autre chose, une sorte d’école secondaire formant les élites locales et plus encore permettant à un certain nombre d’élèves en fin de scolarité de poursuivre leurs études vers d’autres horizons de promotion sociale et professionnelle.

Quelle était la nature de ces collèges sous l’ancien régime, la monarchie ?

Nous sommes bien loin au 17ème siècle de la séparation de l’Eglise et de l’Etat qui n’interviendra, nous vous le rappelons, que trois siècles plus tard, en 1905 sous la troisième République. En 1601 les petites écoles et les collèges, de même les universités, sont toutes dirigées par l’Eglise catholique et dans une moindre mesure, depuis la réforme, par le culte protestant. A ce propos, pour situer l’année 1601 dans la chronologie de l’Histoire avec un grand H, rappelons qu’Henri IV a succédé au dernier fils de Catherine de Médicis et d’Henri II, le dernier des Valois, le roi Henri III assassiné en 1589 ; au prix d’une conversion au catholicisme (« Paris vaut bien une messe »), Henri le Béarnais devient le premier Bourbon roi de France sous le nom d’Henri IV, nom qui souligne la continuité de la dynastie ; il met fin aux guerres de religions entre protestants et catholiques par l’Edit de Nantes de 1598. On peut supposer que Gilles Mancel, deux ans après l’Edit de Nantes et sa mise en œuvre positive, a considéré que les temps étaient devenus propices à une telle création. En principe, la France est pacifiée jusqu’à ce qu’un certain Ravaillac, en 1610, etc.

Quel était le contenu de l’enseignement dispensé par les collèges de villes et leurs enseignants qu’on appelait des « régents » ? Depuis le moyen âge, il n’avait guère évolué dans la nature des matières enseignées, matières que l’on regroupait sous les noms de Trivium et de Quadrivium. Le Trivium comportait sous le titre les Arts, trois matières traditionnelles : la rhétorique, la dialectique et la grammaire ; le Quadrivium en comportait quatre sous le titre de Sciences : l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie et la musique. Le nombre 7, somme de 3 plus 4, n’est pas le fruit du hasard mais celui d’une référence à l’ésotérisme et à la mystique des nombres.

Pour des raisons non connues, sans doute, comme cela a été observé ailleurs lors de créations d’établissements du même type, la défaillance financière de la Ville, ce premier collège arrêta de fonctionner à une date que nous ne connaissons pas ; Marcel Dubocq a l’air de penser qu’il n'a pas fonctionné longtemps, en tout cas, bien avant la refondation du collège en Février 1682 par François Lechartier. Je ne suis pas de cet avis pour la simple raison que le sieur Lechartier, dans la somme de 3000 livres qu’il donna à la ville, 1200 livres étaient réservées à l’acquisition de l'emplacement de la maison dénommée « le Vieux Collège » : en termes de mémoire collective, quatre vingt un ans après la première fondation, l'appellation « vieux collège » témoigne plutôt d’une certaine durée de présence effective de ce premier établissement!

Où se trouvait ce premier établissement créé en 1601 par Gilles Mancel ?
On peut supposer qu’il se trouvait sur le territoire d’une collectivité communale voisine de celle de Vire, aujourd’hui, depuis 1953, fusionnée avec la ville de Vire ; il s’agit de la commune de Neuville située dans la partie basse de la ville de Vire, en direction de Caen, commune assez importante en termes de population ; le fait qu'en 1682, le prêtre en charge de la paroisse de Neuville, l’Abbé Lechartier ait décidé de refonder le collège de Vire en imposant, dans les conditions de sa donation, des servitudes au profit de la paroisse de Neuville, est de nature à confirmer que ce collège était toujours localisé à Neuville. Cette hypothèse semble contredite par le fait que la soutenance des épreuves de rhétorique avait lieu, à Vire, dans la chapelle Saint Thomas dont les ruines sont toujours présentes sur la place du même nom et par ailleurs les précisions apportées par un ancien élève, Michel Delalonde, dans une plaquette citée ci-dessous, vont plutôt dans le sens d'une localisation à Vire. Neuville ou Vire, la question sera définitivement tranchée quand on connaîtra les anciennes limites cadastrales des deux communes avant la fusion des deux collectivités en 1953.

François Lechartier, Docteur en Sorbonne, curé de Neuville, doyen de Vire refondateur du Collège, créateur de trois petites écoles et autres grands mérites cités sur son tombeau dans le cimetière de Neuville, selon ce que rapporte N.E.Vauclin, lors de son passage en 1889 en visitant le dit cimetière, François Lechartier est décédé le 19 mai 1683, un peu plus d’un an après l’acte de sa donation à la ville de Vire (acte passé le 6 Février 1682). Il est légitime de supposer que cette donation est intervenue à un moment où François Lechartier a estimé qu’en raison de son état de santé, il devait procéder à cette donation. Or, nous savons où se trouvait ce vieux collège intial grâce aux travaux d’un ancien élève Michel Delalonde, ancien conservateur de la Bibliothèque d’Avranches, auteur d’une plaquette « Le Collège de Vire pendant la Révolution ». Même si une ambiguïté subsiste entre les propos de Michel Delalonde et ceux de Marcel Dubocq sur cette localisation, le simple bon sens conduit très naturellement à retenir que le lieu indiqué, la rue du Petit-Haut-Chemin a été le site à la fois du premier collège (1601) fondé par Gilles Mancel et de sa refondation en 1682 par François Lechartier. C’est sur ce même lieu qu’en 1911, fut inauguré l’ancien Hôtel des Postes. Or, les locaux de cette administration postale furent détruits en juin 1944 lors des bombardements massifs subis par la ville de Vire ; après la guerre, c'est au même endroit que fut réalisé l'actuel Bureau de Poste, et par conséquent à l'emplacement même où se trouvait le tout premier collège de garçons de Vire, en 1601 comme en 1682, tout près de la Place Saint Thomas et de sa chapelle dont la chaire était si prisée par les collégiens virois des 17 et 18ème siècles !

En l’état des recherches sur l’histoire du Collège Emile Maupas, il n’est pas possible d’en savoir un peu plus sur Gilles Mancel mais nous pousserons les limites de notre curiosité en allant « glaner » du côté des Archives Départementales dont les registres paroissiaux, les exemplaires du Greffe, ont été numérisés et rendus accessibles par internet. En effet, les exemplaires des Archives ont été rendus inutilisables par l’humidité ambiante des anciens locaux municipaux où ils étaient entreposés !

Revenons à Gilles Mancel : Y-a-t-il un lien de parenté avec un personnage caennais connu au 19ème siècle, Georges Mancel (1811-1862), homme de lettres, conservateur de la Bibliothéque de Caen qui a beaucoup œuvré pour la conservation de nos archives normandes, en particulier en mettant à la disposition des érudits un document remarquable, « le Journal d’un Bourgeois de Caen » (période 1652-1733). Nous vous tiendrons informés de nos recherches sur le sujet.

Fondé en 1601, refondé en 1682, le collège royal de Vire, du fait de son éloignement relativement important aux 17 et 18èmes siècles, à 12 lieues (48 kms) de l’Université de Caen et de Coutances (50 kms), sièges de collèges comparables, acquit assez vite une bonne réputation sans que celle-ci pâtisse vraiment de la vétusté des constructions et des quelques démêlés qui surviennent entre le conseil de fabrique de l’église-chapelle Saint Thomas (équivalent d’un conseil d’administration) et la direction du dit collège à propos de dommages un peu clochemerlesques dans la chapelle Saint Thomas : la préparation aux thèses de rhétorique et les épreuves elles-mêmes avaient lieu dans cette chapelle devenue, de ce fait, très exposée aux « extravagances » des collégiens. Il ne me semble pas que cette tendance ait disparu dans les siècles qui ont suivi, y compris, bien sûr, jusqu’à nos jours !

Notre ami, Marcel Dubocq raconte fort bien le détail de ces évènements dans son livre que vous pourrez consulter librement dans sa version intégrale pdf sur le site internet (rubrique Histoire, documentation et témoignages). Néanmoins, vous trouverez déjà dans mon propos la reproduction des extraits du livre de Marcel Dubocq qui vous fera mieux comprendre l’esprit et l’ambiance qui règnaient dans ce « Bon vieux bahut » selon les termes mêmes de notre condisciple Marcel. De même, dans la version intégrale pdf, vous pourrez prendre connaissance des mesures d’ordre général qui présidaient à l’organisation du collège à partir de 1682. Prenons connaissance du contenu de ces extraits du livre de l’ami Marcel Dubocq :

« Différend entre le Collège de Vire et les trésoriers de Saint Thomas. Comme on a pu le constater, dès le début du XVIII ème siècle, le Collège de Vire connut une époque florissante. Un périodique diocésain de la plus haute érudition « Baïocans » révèle qu’au milieu dudit siècle, 500 élèves suivaient ou poursuivaient leurs études : époque heureuse où les actes publics et exercices s’y pratiquaient, selon l’usage,en l’église Saint Thomas. Les soutenances de thèses avaient lieu en cet endroit. Confirmation en fut fournie par lettre patente au Parlement, le 29 Août 1748. C’est cette dernière clause qui, en 1775, devait déclencher les sources d’un conflit entre le collège et les trésoriers de Saint Thomas. »
« Sources d’Achoppement : le 1er Décembre 1775, le sieur de la Vente – peintre de renom-- trésorier du Comité d’Administration, convoquant ses collègues en l’église Saint Thomas, leur fit remarquer que les exercices pratiqués dans la dite église, par les élèves du Collège, avaient occasionné maintes dégradations lesquelles étaient restées sans réparations. »
« Ces dégâts furent enregistrés à des dates précises les 9 et 10 Août. Il fut également précisé que la chaire particulièrement abîmée nécessitait, par son état, une réparation d’urgence. Le rapporteur faisait en outre remarquer qu’il était nécessaire de sévir pour empêcher, à l’avenir, la détérioration de l’église et surtout les irrévérences en tous genres qu’occasionnent les exercices, que l’on a jusqu’ici toléré en cette église (Simon)... »
« Sanctions et menaces : après délibération, il fût arrêté, à la pluralité des voix, que le sieur de la Vente serait en demeure de faire exécuter, à M.l’Abbé ALLAIS, professeur au Collège, toutes réparations qui lui seraient demandées. Le trésorier était, entre autres, autorisé à poursuivre en justice et à faire condamner le sieur ALLAIS si la sentence n’était pas exécutée. »

« Il fût arrêté,en outre, que le sieur de la Vente et tous autres trésoriers pouvant lui succéder, refuseraient à l’Abbé ALLAIS, à ses confréres ou même au Principal, les clefs de l’église pour y pratiquer tout exercice.»
« En cas de contestation, le Conseil de Fabrique se chargeait de poursuivre les autorités enseignantes en toute cour de juridiction. »
« Le procès-verbal de la délibération fût, à l’époque, présenté à l’Abbé ROGER, vicaire représentant le curé du lieu. Ce dernier refusa de signer. »
« Sur le document figurèrent néanmoins les signatures de : DUBOURG, PORQUET, SAILLOFEST, LE CHAT, BARBE, P.HAMEL, CH.SAILLOFEST, de la VENTE (2 signatures étaient illisibles). »
« PS : Jean ALLAIS, précédemment cité, était le professeur de rhétorique. Il fut élu curé constitutionnel de Vire en 1791. »
« Le Professeur du Collège a gain de cause : L’affaire traîna en longueur. Elle eut son épilogue au printemps suivant. Contre toute attente, le professeur du Collège eut la bonne fortune de l’emporter. Le 27 mars, Louis LE MAGNEN, avocat du Roy au Baillage de Vire, donna connaissance aux sieurs de la VENTE « LOUVEL et SAILLOFEST » co-trésoriers de l’église Saint Thomas, d’une délibération arrêtée à l’hôtel de Ville, le 23 janvier 1776, dans laquelle il était stipulé que les actes publics ou exercices du Collège seraient faits, suivant l’usage dans l’église ou chapelle Saint Thomas, après la civilité faite aux sieurs, curé et trésoriers, en présence de LE MAGNEN, signataire. »
« Cet état de fait dura jusqu’à la Révolution. L’abbé A.SIMON témoigne d’un programme de thèse de Physique soutenue le 30 juin 1783 par Charles, Jean, André de la SICOTIERE et Jacques CALBRIS, sous la Présidence de Robert HUART, prêtre et professeur de philosophie au Collège de Vire. »

Ajoutons à cet extrait du livre de Marcel Dubocq que, dans cette seconde moitié du 18ème siècle, l’état matériel du collège ne s’arrangeait pas et qu’en mai 1779, la ville décidait un programme de réparations urgentes pour une somme de 3530 livres. Las ! en août suivant, Vire subit un violent incendie détruisant tout un quartier de la ville (376 maisons en bois parties en fumée) et contraignait la ville de Vire à abandonner ce projet de travaux. De ce fait, sous la pression des parents d’élèves (déjà !!!) il fut alors décidé du transfert de la classe de philosophie en l’église Saint Thomas, celle de Rhétorique alla dans la chapelle Saint Maur, au bas de la Place du Château.

Par la suite, les choses s’arrangèrent au début des années 1780 qui virent l’agrandissement et la rénovation du Collège.

Notons à nouveau que la première localisation du collège de Vire fut sans doute la même en 1601 et en 1682 peut-être à la limite des communes de Neuville et de Vire sans qu’on puisse, pour l’instant, identifier le lieu exact ou plus précisement, retrouver dans le Vire d'aujourd'hui, la localisation de la rue du Petit-Haut-Chemin ou, à défaut, le lieu où se trouvait l'ancien Hôtel des Postes de Vire avant la dernière guerre, puis, pour faire face à la croissance des effectifs du collège, ce dernier fût transféré d’abord rue du Neufbourg dans l’ancienne école des Filles de la Providence, puis à l’ancien Hôtel-Dieu. Son succès l'obligea à déménager dans l’ancien Couvent des Bénédictines, à l’emplacement actuel de ce qui fût le Champ de Foire. Les bâtiments ayant été détruits par les bombardements de 1944, le Collège Emile Maupas occupe aujourd’hui un emplacement à l’Est de la ville, position privilègiée qui domine la ville et une partie du Bocage. Ce collège porte le nom d’Emile Maupas depuis 1938, suite au vœu commun du Conseil d’Administration du collège et du Conseil municipal de Vire, vœu émis en 1936 : Emile Maupas (1842-1916), né à Vaudry, ancien élève du collège, fut un des grands savants de sa génération et membre de l'Académie des Sciences.

Vous trouverez quelques curiosités dans le livre de Marcel Dubocq : ainsi la liste du personnel d’encadrement du Collège en 1763, leurs noms et qualités !

De même, les anciens élèves qui participèrent à la renommée de ce collège en commençant par Emile Maupas et en citant au passage Jean-Baptiste CANU fondateur de l’Association des Anciens Elèves du Collège de Vire en 1882, bien avant que ce dernier porte le nom d'Emile Maupas.

N’oublions pas, ne serait-ce que pour ne pas encourir les reproches de Marcel Dubocq, la création en 1907 de l’Ecole Primaire Supérieure de Garçons annexée au Collège Emile Maupas et placée sous l’autorité du Principal du Collège, E.P.S qui a formé avec succès nombre de futurs enseignants dont notre ami Marcel !

Les différents conflits auxquels la France participa tout au long des 19ème et 20ème siècles ne furent pas sans effets sur les générations d’élèves et d’anciens élèves de notre collège. Ne parlons que des guerres du 20ème siècle qui moissonnèrent leur gerbe de combattants et de victimes civiles parmi les anciens élèves et professeurs : le monument aux morts élevé dans la cour principale du collège nous parle de ceux, professeurs et anciens élèves morts au champ d’honneur pendant la première guerre mondiale, de ceux aussi victimes des combats de la seconde guerre mondiale, soldats morts au combat ainsi que les professeurs et élèves victimes des bombardements de 1944 au sein même du collège Emile Maupas. Ajoutons-y, bien sûr, les anciens élèves morts en Indochine et en Algérie, plus près de nous et de notre mémoire. Ce chapitre de la mémoire est largement évoqué dans le livre de Marcel Dubocq.

En 1970, la réforme nationale des cycles d’enseignement et l’instauration de la mixité en 1971 donnait pour un temps le statut de lycée au Collège Emile Maupas, le temps de construire sur les terrains de l’ancien Collège de filles (Talbot) un lycée correspondant aux normes de l’Etat, le lycée Marie Curie, c'est-à-dire consacré à l’accueil des classes mixtes du second cycle, le premier cycle restant d'une part, au Collège Emile Maupas ramené au statut de collège de premier cycle, statut qu’il n’avait jamais connu, à son grand dam, dans le cours de toute son histoire depuis le 17ème siècle et d'autre part, eu égard à l'accroissement de la population scolaire de Vire, à un nouveau collège public, celui du Val de Vire !
Ainsi va la vie mais comme tout le monde le sait, ce n’est jamais la fin de l’Histoire!

Claude BODIN

Informations sur le lycée Marie Curie & le collège Yvonne Talbot

Quelques données sur l'Histoire
du collège de Filles « Yvonne Talbot » & du lycée « Marie Curie » de Vire

Jusqu'en 1915, les jeunes viroises n'ont accès qu'à l'école primaire. Le 1er octobre 1915 est créée une E.P.S. (Ecole Primaire Supérieure) de filles. Elle accueille 68 élèves dont 13 internes.
Le 20 mai 1921, cette école emménage dans les locaux de l'ancien petit séminaire rue de l'Orient.
En 1927, Madame Yvonne Talbot devient directrice. Sa forte personnalité, son indéniable valeur intellectuelle (c'est une mathématicienne de haut niveau sortie l'école de Fontenay-aux-Roses) donnent à l'établissement qu'elle dirige une impulsion définitive. Même si la bonne société viroise continue à faire durant de longues années, la distinction : « les demoiselles de Notre-Dame ... Les filles de chez Talbot ! ». Mais la reconnaissance des autorités de tutelle (en l'occurrence l'instruction publique) triomphe des préjugés et l'E.P.S. est officiellement inaugurée le 25 juin 1939... soit 18 ans après son installation dans l'ancien séminaire.

La guerre contraint l'école à abandonner la rue de l'Orient : les Allemands ont réquisitionné les locaux pour y établir une manutention et une boulangerie. La famille Fortin met à la dispostion de Madame Talbot une propriété rue des Cordeliers dite « le Château Fortin ».

Le 7 décembre 1942, une section d'enseignement technique est adjointe à l'E.P.S.

Après la tourmente de l'été 1944, le nouveau collège ne réintègre pas les locaux de la rue de l'Orient cédés au collège de garçons et la rentrée scolaire se fait le 3 janvier 1945 rue des Cordeliers : l'internat dans le bâtiment du Château Fortin, les classes d'externat en baraquements implantés dans le parc.

En 1949, l'E.P.S. devient le collège municipal moderne et technique de jeunes filles de Vire.
En 1960, le collège devient lycée de jeunes filles.

En 1961, le centre d'apprentissage quitte les Cordeliers pour s'implanter rue de l'Orient : c'est le premier pas vers la création du futur lycée professionnel Jean Mermoz.

En 1962, Madame Talbot est admise à la retraite. Melle Suzanne Lasgnier lui succède à la tête de l'établissement.

Des bâtiments sont sortis de terre en remplacement des baraquements. L'internat est opérationnel à la rentrée 1962 et l'externat ouvre ses portes dans les locaux actuels en septembre 1963.

En 1967, le lycée municipal polyvalent mixte prend le nom de Marie Curie.

Le 17 septembre 1972, les deux établissements Curie et Maupas fusionnent sous la direction d'un seul et même proviseur mais les implantations géographiques distinctes sont momentanément maintenues.

Le 11 janvier 1974, le lycée Marie Curie devient lycée d'Etat.

Septembre 1991, le ministère de l'Education Nationale impose la partition : le lycée Maupas disparaît au profit du seul lycée Marie Curie. Deux collèges subsistent : Emile Maupas et le Val de Vire.

Mme Koch, professeur de lycée honoraire

Témoignages d'anciens élèves

Michel Delalonde - plaquette « Le Collège de Vire pendant la Révolution » (parue en 1956) :PDF

Jacques Donval - Hommage à Planta Jörimann (1878-1960), ancien élève prestigieux du Collège Emile Maupas :PDF

Marcel Dubocq - Souvenirs de jeunesse d'un ancien élève de l'E.P.S de Vire (1936-1939) :PDF

Jacques Ybert - Vol de Nuit ordinaire ou presque (mars 1968) (extrait du Bulletin 2012-2013 de l'Association) :PDF

Les Bulletins de l'Association

Bulletin 1983-1984 :PDF

Bulletin 2000-2001 :PDF

Bulletin 2012-2013 (version 2) :PDF

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